Légende : le
prototype Moto2 RSV
Rassurez-vous, ce n'est
pas mon robot domestique qui vient de rendre l'âme mais il s'agit
de rendre un dernier hommage à la défunte catégorie 250 cc, créée
en 1949 et passée en 2 temps à partir de 1970.
Qu'elle repose en paix ou rest in peace (RIP) comme on le
grave d'un coup d'éperon dans le bois tendre du comptoir du
saloon.
Le corbillard est passé. Faites donc place à la
nouvelle princesse de la vitesse : son altesse royale Moto2 dont le
trousseau recèle un chaudron de 600 cc et une valse à 4 temps.
Peu client des frasques des têtes couronnées, le Bourdon nippon
s'est demandé ce que pouvait bien apporter cette passation de
pouvoir au motocyclisme.
Certains d'entre vous diront qu'à force de pisser sur les cylindres
à trous, on a fini par les noyer. Il est évident qu'il y aura moins
de fumée bleue au départ des courses. Bien entendu, l'argument
environnemental est un artifice qui cache la réorientation actuelle
des stratégies économiques dans le monde du deux roues. Les
principaux acteurs des compétitions motocyclistes ont consenti à la
réécriture des réglementations techniques dans un souci d'économie.
En effet, dans le contexte de crise mondiale, la course à
l'armement devenait intenable pour les constructeurs comme
pour la Dorna, société espagnole organisatrice des compétitions
dont l'existence même était menacée par la raréfaction des
concurrents.

Légende : Prototype Moto2 de
la firme japonaise Moriwaki.
L'adoption d'un moteur 600 cc 4 temps dans un châssis prototype est
le choix de la raison. Certes, cela manque d'ambition mais évite
bien des frustrations.
Ainsi, un article du règlement Moto2 instaure un
marché du moteur usagé pendant l'heure qui suit la fin de chaque
course ! Toute écurie sollicitée par une autre sera dans
l'obligation de vendre ses moteurs pour la somme unitaire de 20 000
euros. La conséquence logique de cette injonction a donc été le
choix d'une marque unique. Big Corp alias Honda va donc
fournir tous les moteurs du plateau. Il s'agira d'un moteur dérivé
du bloc 600 CBR. Autre monopole de taille accordé dans cette
compétition : le manufacturier Dunlop obtient le marché de la
gomme.
Même si la catégorie prend des allures de coupe de marque, les
concurrents se départageront au pilotage sur des châssis
différents. La raison de ce choix repose sur la volonté de ne pas
marcher sur les plates-bandes de la formule Supersport dont les
machines proviennent de la production de série (au moins 1 000
unités vendues) c'est-à-dire de la moto de monsieur tout le
monde.

Légende : La Moto2 française
de Tech3 est dénommée Mistral 610.
Cette nouvelle catégorie censée uniformiser la compétition entrera
en lice le 11 avril prochain au Qatar. Le choix d'une transition en
douceur autorise la cohabitation des deux types de machines mais
les cylindres à trous devraient être aussi rares sur la grille que
des lumières dans un 4 temps.